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WiMAX : l’exception française ?

Le WiMAX®, pour Worlwide Interoperability for MicroWave Access, promettait de pallier le plus facilement du monde l’absence de connexion ASDL


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Le haut débit pour tous, porté par les ondes hertziennes, remède promis à la fracture numérique… Le WiMAX®, pour Worlwide Interoperability for MicroWave Access, promettait de pallier le plus facilement du monde l’absence de connexion ASDL et de relier à la Toile les foyers isolés. Grandes promotrices de la nouvelle technologie, les collectivités territoriales ont joué le jeu, allant jusqu’à proposer à leurs administrés candidats à l’équipement de réception WiMAX le remboursement d’une partie de l’installation – dont le coût (élevé) de raccordement au réseau via une antenne réceptrice spécifique. C’est d’ailleurs par leur impulsion que le WiMAX n’est pas resté, dans notre pays, un mode de connexion (tout à fait) confidentiel.

Développement décevant

Alors qu’elle faisait l’objet, il y a seulement cinq ans, des meilleurs augures, la technologie WiMAX n’a pas connu le développement escompté à l’aube de son lancement. Exception française ? Peut-être, car le déploiement mondial de la technologie est réellement soutenu, singulièrement dans les pays émergents. Il est certes plus efficace d’installer une antenne émettrice que d’assurer à chaque foyer l’internet haut-débit : un relais WiMAX émet, sans distinction, une quinzaine kilomètres à la ronde. Aujourd’hui, quelque 1 350 relais sont disséminés inégalement sur tout le territoire national, puisque placés dans en priorité dans les « zones blanches » non couvertes par le haut débit filaire. Une cinquantaine de départements « ruraux » sont donc aujourd’hui desservis par l’internet apporté par les ondes, qui pourrait venir à la rescousse du demi-million de foyers français inéligibles à l’ADSL et la fibre… Douze collectivités, sept sociétés privées sont aujourd’hui titulaires d'autorisations d'utilisation des fréquences WiMAX. Mais le cœur n’y est plus… Les réseaux de boucle locale radio fonctionnent pourtant bien, et plutôt même très efficacement, permettant aux utilisateurs particuliers de surfer à 2 Mbit/s — et jusqu’à 10 Mbits/s pour les entreprises. Pour expliquer la faiblesse du développement actuel du WiMAX, les acteurs publics et privés avancent ensemble le coût élevé des installations, qui aurait pour l’instant gêné le déploiement de la technologie en France. Autre possible frein au développement des ondes web, l’opposition à l’implantation de pylônes émetteurs. Riverains, associations et opérateurs continuent de débattre à coup de normes en volts par mètre… Les chiffres parlent d’eux-mêmes : au printemps 2011, soit cinq ans après le début de sa commercialisation, le WiMAX n’a séduit que 21 000 foyers et 1 500 entreprises. Devant le manque d’entrain général, certaines collectivités commencent à jeter l’éponge.… Désintérêt plutôt que panne réelle ? C’est ce que tendent à prouver les derniers développements de la saga WiMAX made in France.

Le mobile haut débit va peut-être, en effet, sauver le WiMAX de l’écueil tricolore. La mise en œuvre de la technologie 4G va rebattre les cartes. La norme LTE – pour Long Term Evolution –, applicable aux communications numériques mobiles de 4e génération, relance l’utilité du WiMAX, dont les fréquences sont exploitables pour… le haut débit mobile. LTE et WiMAX présentent des performances techniques très proches, mais le second souffle au premier un bel avantage : il n’a pas besoin d’être compatible avec les réseaux 2G et 3G déjà en place. On imagine l’impatience de Free, qui a misé avec flair à la fois sur le mobile 4G et sur le WiMAX dès ses balbutiements et bataille ferme avec les industriels pour offrir en temps et en heure des terminaux compatibles WiMAX. L’opérateur, grâce à sa licence WiMAX nationale, a acquis une bonne longueur d’avance sur ses concurrents potentiels… Car seuls Illiad Free WiMAX (ex-Altitude Telecom) et Bolloré détiennent les licences d’exploitation pour tout le territoire hexagonal, le premier à l’échelon national, et le second, région par région. La saturation des réseaux de téléphonie mobile impose, de toute façon, de penser à tous les moyens techniques pour endiguer l’afflux… le WiMAX n’a vraiment pas dit son dernier mot.


Article rédigé par Elsa Rédacréa, Journaliste, Rédactrice web et Photoreporter
pour www.france-forfait.com


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